Nous devons voler de nos propres ailes et ce blog nous empêche de prendre l'envol désiré.
Merci pour votre lecture
La chimère vous salut bien bas...

Premier jour d'externat... Premier contact avec le service... Premier lavage de main au bloc... et près de quatre heures d'attente dans une journée qui en comprend huit !


[La situation était grave. Rassemblé au module de coordination, il convenait de réfléchir à la conduite à tenir à présent : « Quel est l'étendue des dommages ? demandais-je expréssément à LS.
- D'après le computer, l'accès au module d'habitation est dépréssurisé. Les vannes d'oxygène se sont automatiquement closed. Il doit y avoir une bréche, expliqua le commandant.
- Mais il n'y a pas que, ça ajouta Alexei, penché sur la console de communication. On a perdu la liaison avec la terre...l'antenne relai s'est sûrement brisée. »
L'échange de regard collectif qui suivit renforça d'autant plus le sentiment d'isolement que chacun éprouvait. Nous étions désormais livré à nous même, dans le froid glacial de la nuit lunaire, sans savoir ce qui nous attendais dehors. Les quelques heures qui suivirent virent LS s'acharner sur les commandes de transmission et Alexei tenter de ménager le stress de Yī fū.
« - On ne pourrait pas colmater les dégats de l'intérieur ? s'interrogea Alexei.
- Les consignes sont très claires, la NASA nous interdit toute sortie sans autorisation, et surtout aucune sortie en phase nocturne, répondis-je.
- Mais nous avons été sur-entraîné, préparé à toute les situations. L'un de nous peut bien sortir regarder ce qui se passe dehors et si possible réparer la réception, réfuta Yī fū.
- Okay ! trancha LS. Doc and Alexei sortiront checker les installations. Je contrôle l'opération d'ici, Yī fū, demande au computer de vérifier l'état des panneaux solaires et de calculer notre autonomie d'oxygène. Hey, j'oublais. Guys, si vous faites une rencontre du troisième type, vous représentez the United-States, n'oubliez pas! »
Chacun s'éxecuta sans discuter. Après avoir atteind le sas de dépréssurisation et contrôlé à tour de rôle l'équipement de l'autre, Alexei et moi pûmes une nouvelle fois fouler la poussière lunaire...
Une lueur bleutée soulignait les irrégularités du paysage plongée dans une nuit qui se prolongera deux semaines. Quel spectacle magnifique : le reflet du soleil sur les océans terrestres guidait, par son aura cendrée, chaucun de nos ample pas. Le clair de terre...
Il nous fallut plusieurs minutes pour contourner le hangar de sortie et constater les dégats. Le module d'habitation semblait intact, seul une faille béante sur le sol séparait de plusieurs mêtres les deux extrémités du couloir d'accès désormais cisaillé.
« D'accord, je crois qu'on va devoir se passer de vêtements de rechange, ironisa Alexei.
- LS, je crois qu'on a subit un tremblement de lune.
- Yes, j'ai ça en visuel, impressing! Vous pouvez contourner la ... fissure?
- Avec trois jours d'oxygène et un jetpack, sans aucun doute, continua Alexei en devinant la faille à l'horizon.
- Okay gentlemens, et l'antenne ? Is it damaged? »
L'antenne avait chaviré du dôme et s'était plantée comme un javelot dans le sol sableux.
« - Oui je l'aperçois, elle est disloquée du socle central. C'est réparable Alexei? demandai-je
- C'est dans mes attributions. Mais difficile d'estimer un temps de réparation... les composants électroniques semblent intact, expliqua t-il. Il suffit peut-être de juste remplacer les cables arrachés.
- Perfect, commence dès maintenant. Je t'achemines le matériel..."
Plusieurs heures de réparations furent finalement nécessaires, en partie à cause de la lenteur des gestes sous faible gravité, mais aussi et surtout à cause des nombreuses interrogations soulevées par la présence de tremblements tectoniques sur la lune. Alors que les connections étaient sur le point d'être rétablis une soudaine impression d'obscurité pesante envahit l'atmosphère lunaire. Le paysage était d'une noirceur profonde presque inquiétante. Alexei l'avait perçu aussi. Nous eûmes le même réflexe : celui de rechercher un quartier de terre dans le ciel lunaire... seul l'éternel scintillement de la voie lactée était présent...
Les hurlements de Yī fū qui suivirent confirmèrent notre intime crainte : « Zāng huà ! La terre a disparu ! Ici Yī fū, le contact visuel avec la terre est négatif au téléscope! Je répète contact visuel négatif ! »]

Oui, j'en rêve... Voilà comment je l'imagine :Nous sommes quatre astronautes, chacun apportant ses compétences dans un domaine particulier. Je suis le médecin de la mission, spécialiste du comportement social en mileu spatiale et des pathologies extra-terrestres. Mon objectif est d'assurer un suivi médical aussi complet que possible, de prévenir les atrophies musculaires liées à la faible de pesanteur, et surtout d'étudier les comportements humains en séjour lunaire.
Le commandant et superviseur de notre séjour ne pouvait être qu'un américain (principal pays créancier pour ce projet) : un certain Quentin Orland, originaire du Middle West surnommé LS (pour « Leader Sheep »). Il est à mon goût un meneur d'expérience, et l'homme le plus posé et réfléchi qu'il m'est été donné de rencontrer. Deux physiciens complêtent l'équipage : d'abord Alexei, un brillant physicien russe responsable des investigations concernant la chimie des matériaux extra-terrestres (il présente une attirance mystique pour les chauve-souris...) ; puis Yī fū, une ressortissante chinoise qui oriente ses recherches vers l'astronomie et l'astrophysique.
Nous sommes la troisième équipe à se confronter à l'expérience de la base lunaire. Les deux premières équipes avaient en priorité absolue d'assurer la fiabilité des infrastructures, et nous formons donc la première véritable mission de recherche scientifique. Notre modeste base (150m²), situé dans le cratère Shackleton, comprend 6 modules : un module central de coordination ; deux modules d'habitation où est annexé mon poste médical ; le LEM (Lunar Experimation Module) qui regroupe des instruments scientifiques et un poste d'observation astronomique d'une incroyable technicité (seul Alexei et Yī fū savent s'en servir...) ; un module de sortie extérieur ; et enfin une unité de stockage dédiée aux réserves d'oxygène, d'eau, de nourriture, et de « petit matériel » en tous genre, où je me trouve actuellement.
« Okay Doc. Access Granted. », m'annonce LS par transmission. L'air envahit le module dans un bruit de soufflet assourdissant (il nous faut économiser un maximum d'air, c'est pourquoi les pièces peu fréquentées sont systématiquement dépréssurisée), et la trappe d'accès s'ouvre lentement. Je pénètre dans le module. Je remarque, à la lueur violette des fenêtres à filtres UV disposées en dôme, que le soleil plonge lentement derrière le mont Appenin, décrivant une lente chute caractéristique des cycles lunaires. Je me penche sur le moniteur de maintenance, un BIOS 80, qui ressemble plus aux minitels d'antant qu'au moniteurs ultramodernes dont on dispose en salle de coordination.
« Compartiment 35, Casier 4 » m'annonce froidement la voie métallique du BIOS. J'ouvre le tiroir indiqué : les pilules y sont rangées n'importe comment! Qui était l'ingénieur responsable du secteur pharmaceutique? C'est un beau bordel... rien ne semble à sa place. Une vieille boîte de Prozacª, ca fera l'affaire. J'actionne les processus dépréssurisation automatique et sors de la réserve. Je croise Alexei dans le couloir d'accès sud et je devine, de part sa mine obscure et son teint grisâtre, que ses expériences scientifiques n'ont pas été aussi fructueuses que ce qui était escompté.
- « Alors toubib, on commence à regretter sa vie de terrien insousciant ? me demande t-il en regardant la boîte de médicament que je tenais à la main.
- Oh tu sais, ce qui me manque le plus c'est... !!! », un bruit assourdissant couvre mes derniers mots.
Les fondations de la station semblaient plier dans un couinement des plus sinistres, et les ondes de choc paraissait mettre à mal les surfaces d'isolation thermique. Les secousses et le vacarme durèrent quelques secondes avant de s'évanouir aussi soudainement qu'ils étaient venus.
- « Qu'est ce qui se passe LS? C'était quoi ce bruit ? Un joint à laché? criais-je dans le transmetteur.
- I don't understand... surement un problême technique, répondit LS.
Wait, I've got an emergency procedure... je crois que... que... quelque chose a heurté notre structure... »
La peur m'avait déjà envahit, alors que je vit le visage d'Alexei s'épanouir vers une expression d'admiration juvénile et ses yeux refléter un sentiment d'ardente impatience. ]

Il est 2h30 du matin, je viens de rentrer à mon appartement. J'ai du sang sur les mains... Ce sang dessine au creux de ma paume une figure abstraite presque artistique. Il n'est pas le mien, c'est celui du frère d'un ami d'une insousciante témérité. Le sang dilué coule sur les parois du lavabo, et, seulement après un brossage tenace, la couleur rosée de mes doigts renaît enfin... Les tourbillons d'eau noient les derniers souvenirs d'une fin de soirée source de cicatrices. (Thibaut Potter?)
Pour y accéder, il faut commencer par prendre son courage à deux mains, une longue marche m'attend. La pluie, les chantiers et la circulation débordante du rond de point de rennes ne m'arrêteront pas car je sais ou je vais, direction paradis !!!